Corps-Forêt(s)

Création(s) danse In Situ – Rencontres et Film documentaire poétique

Danser, c’est être au monde d’une manière qui fait sens pour moi.

Faire du quotidien une danse, une expérience avec soi, avec les autres, avec l’univers.

J’ai l’impression d’avoir toujours eu ce besoin de danser en extérieur, dans des espaces naturels. Seule ou en partage, avec bienveillance, avec ou sans regards. Se (re)connecter, apprendre, créer des voyages, partager avec nos corps sensibles. Être libre, en éveil, sincère.

 

En juillet 2019, on m’a proposé une résidence d’écriture dans la forêt de Gourdon, dans le Lot-et-Garonne. Le même été, j’ai passé beaucoup de temps dans la forêt de Mormal, près de laquelle j’ai grandi, ainsi que dans le Parc Naturel de la Ria Formosa (Algarve, Portugal).

Trois lieux différents où j’ai improvisé dans l’instant, j’ai écris sur le papier, j’ai ressenti.

Ces temps que je me suis offert ont fait grandir ce projet qui va réunir ce qui me nourrit : danser dans la nature pour créer des rencontres singulières et aller vers une corporéité construite de liens.

 

J’aimerai relier la sensibilité de l’humain à la sensibilité du végétal. Aller vers un collectif vivant. Les arbres sont intelligents et irremplaçables, si nous pensons comme eux, il y a encore de l’espoir.

Regarder le monde naturel avec respect, c’est ce qui pourrait nous sauver.

Mélody Blocquel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Corps-Forêt(s) ça parle de quoi ?

 

La proprioception du végétal, comprendre comment l’arbre, arrive à percevoir son corps dans l’espace. Se nourrir de la mobilité et de l’intelligence des arbres pour créer de la matière avec le corps. Sentir les vibrations et les énergies du végétal, explorer avec les tissus, cellules, muscles, ligaments…

 

Le partage, la générosité, la coopération. Imaginer les différentes trajectoires, flux, de la partie aérienne et du système racinaire, ce super organisme intelligent qui se coordonne, véritable vecteur de lien social.

 

La mémoire, les arbres se construisent eux aussi sur leur passé, sur leurs racines.

 

L’ancrage, le territoire ou comment habiter son territoire et en prendre soin. La lutte de ceux qui les habite, les zones à protéger.

. Création d'une forme dansée in situ 

En duo ou en trio, une forme à géométrie variable, adaptée à chaque lieu d’accueil et qui laisse de l’espace à l’improvisation.

 

. Projets participatifs 

 

. Création d'événements in situ, ou co-créer avec une structure d’accueil, un collectif d’habitant. Y inviter d’autres artistes, qui écriront ou improviseront pour le lieu.

 

. Un film documentaire-poétique, qui retrace ces résidences de recherche et d’écriture, ces temps de rencontres, ces projets participatifs. Avec un regard poétique, sensible et sincère.

Suite à une résidence-atelier de recherche dans une forêt de Pin des Landes, en juillet 2020, un texte co-écrit est né. 

Je suis un pin des Landes qui pousse sur le sable.
Sans cacher la dune, je ne me cache pas mais tout le monde passe à côté. Sur ma seule jambe, j’ai le bas en équilibre mais ma tête est constamment ballotée par le vent.

Ce mouvement à mon sommet ne reflète pas que le vent, il est aussi l’émanation de tous les mouvements qui m’animent depuis mes racines.
En réalité, je suis un poil sur le dos d’une bête gigantesque allongée sur la mer. La terre à mes pieds est salée. Ma peau craquelle et se répand au sol, au rythme de mes respirations infimes. Je grossis, mon cœur se régénère aux vibrations de l’océan.
Je me disperse lentement. Je grimpe. Nous grimpons.
Avec mes frères nous cherchons à rencontrer le ciel.
De temps en temps on me coupe puis je repousse.
C’est grâce à moi que la bête a une odeur.
Dans mon corps un paysage acre et suave, un parfum doux, coloré dont on fait des bonbons qui adoucissent la gorge.
Ma sève sur leurs mains. Les humains cherchent puis tentent, les yeux ouverts, leurs corps couchés à l’infini, d’écrire un lendemain.
Je suis bien ensemble.
Ce que tu ressens t’appartiens.
Ce que tu ressens m’appartiens.
Je voudrai sauver de l’oubli tout ce qui existe.
Je m’enracine au sable pour résister au vent, je m’enracine au sable pour résister au temps.

Linxes, Juillet 2020 Corps-Forêt(s)

Texte de Séverine Cagnac, Didier Motti, Anna Ten, Bertrand Petitbois, Sonia Codhant, Josiane Vincent, Madeline Wood, Quentin Conrate et Mélody Blocquel.

Enregistrement de Quentin Conrate - avec les voix de Séverine Cagnac, Madeline Wood, Didier Motti et Mélody Blocquel

Corps-Forêt(s)
00:00 / 01:56

Photos Mélody Blocquel - Illustrations Francis Hallé

415, rue Léon Gambetta 59000 Lille - Siret 830 837 332 00014 Ape 9001Z

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